La Convention scientifique étudiante propose 46 recommandations pour la décarbonation du ciment-béton. Ce rapport met en avant sobriété, optimisation du béton et alternatives constructives pour réduire les émissions liées au ciment-béton d’ici 2050.
La décarbonation du ciment-béton constitue un enjeu central pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Une Convention scientifique étudiante réunie par les Ingénieurs et Scientifiques de France a formulé 46 recommandations pour réduire l’empreinte carbone du secteur. Le rapport insiste sur la réduction des besoins de construction et sur l’évolution des pratiques industrielles. Il s’adresse aux pouvoirs publics comme aux professionnels du bâtiment.

Miser d’abord sur la sobriété
Les participants insistent sur la priorité donnée à la réduction des besoins de construction neuve. Une grande partie du parc immobilier français existe déjà, ce qui conduit les étudiants à encourager un usage plus intensif des bâtiments existants. Cette orientation passe par une réorganisation des fonctions urbaines et par une meilleure occupation des surfaces disponibles.
La rénovation et la réhabilitation apparaissent comme des solutions préférables à la démolition suivie d’une reconstruction lorsque le bilan carbone s’avère plus favorable. Selon les auteurs du rapport, la réduction du volume de béton utilisé représente le levier le plus direct pour limiter les émissions associées à ce matériau.
Améliorer les pratiques de construction
Le rapport souligne que la construction neuve restera nécessaire dans les prochaines décennies. Le béton conserve alors une place importante, à condition de limiter les excès de consommation et les performances techniques inutiles.
Les recommandations portent notamment sur la composition du matériau. La réduction du taux de clinker dans le ciment et celle de la proportion de ciment dans le béton figurent parmi les pistes mises en avant pour diminuer l’empreinte carbone. Les étudiants invitent aussi les acteurs du bâtiment à diversifier les solutions constructives par l’utilisation du bois, de la terre ou de la pierre. Cette réflexion vise à rompre avec l’usage systématique du béton, jugé trop fréquent dans de nombreux projets.
La captation carbone sous surveillance
Les travaux abordent également les technologies de captage et de stockage du CO₂. Les membres de la convention estiment que ces solutions ne pourront couvrir qu’une part limitée des réductions d’émissions nécessaires à l’échelle mondiale d’ici 2050.
Ils soulignent le manque de maturité industrielle de ces dispositifs ainsi que les incertitudes liées à leurs effets sur le long terme. Leur déploiement à grande échelle dans le secteur cimentier français apparaît difficile dans les délais prévus.
Le rapport accorde enfin une place importante à la formation et à la sensibilisation des professionnels et des décideurs. Les étudiants défendent une vision articulée autour de la sobriété, de l’efficacité des matériaux et de solutions constructives diversifiées. Ces propositions visent les pouvoirs publics, les industriels et l’ensemble des acteurs impliqués dans la transformation du secteur du bâtiment.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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