La PPE 3 redéfinit la trajectoire énergétique française jusqu’en 2035, avec un accent fort sur l’électrification et la production d’électricité bas carbone.
La publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, jeudi 12 février 2026, marque une nouvelle étape pour la politique énergétique française. Pensée comme une feuille de route jusqu’en 2035, la PPE 3 promet d’accélérer l’électrification des usages et de renforcer la production d’électricité bas carbone. Mais derrière l’élan affiché, industriels et acteurs des renouvelables expriment des attentes contrastées.

L’électrification des bâtiments en première ligne
L’exécutif assume son orientation : réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles qui mise sur une hausse marquée de l’électricité décarbonée. Un plan sectoriel détaillé, attendu en avril, doit préciser les leviers pour l’industrie, les transports, le numérique et le bâtiment. Dans ce dernier domaine, la pompe à chaleur occupe une place stratégique avec un objectif de 300 000 ventes dès 2026.
Chez Daikin France, l’annonce est accueillie avec optimisme. Philip Brangers, président de l’entreprise, évoque « une vraie reconnaissance des atouts de la pompe à chaleur dans le cadre des ambitions de la transition énergétique ». Pour le groupe, implanté en Europe depuis plus d’un demi-siècle, cette orientation valide un choix industriel fondé sur la production locale, la sécurisation des approvisionnements et la montée en compétences des installateurs. L’hypothèse d’un nouveau modèle de financement pourrait, selon lui, faciliter l’accès des ménages à ces équipements et soutenir l’emploi.
Solaire : un rythme en question
Du côté du photovoltaïque, le ton se fait plus mesuré. Le décret publié au Journal officiel fixe un objectif de 48 GWc installés en 2030, contre environ 30 aujourd’hui. Cela suppose un ajout moyen d’environ 3,5 GWc par an. Or la filière a raccordé près de 6 GWc en 2025 et 5 GWc en 2024.
Pour Enerfip, acteur du financement participatif dédié à la transition énergétique, la trajectoire proposée marque un ralentissement. « Cette PPE 3 a le mérite d’éviter un effondrement brutal du secteur en donnant un minimum de cap à court terme. Mais elle traduit aussi une perte d’ambition préoccupante, notamment sur le solaire », estime Julien Hostache, président et cofondateur de l’entreprise. La clause de révision prévue en 2027, qui coïncide avec la prochaine présidentielle, nourrit l’incertitude. Une nouvelle réécriture à brève échéance pourrait brouiller la visibilité dont les investisseurs ont besoin.

Mix énergétique et mobilisation des professionnels
La PPE 3 vise une production d’électricité décarbonée comprise entre 650 et 693 TWh en 2035, soit plus de 40 % de plus qu’aujourd’hui. Les six EPR mentionnés ne devraient toutefois pas entrer en service avant le début de la décennie 2040, selon les scénarios les plus favorables, ce qui renforce la pression sur les renouvelables. Pour André Joffre, président de Qualit’EnR, l’enjeu est clair : « Il s’agit de renverser la table par rapport à 2024 », année durant laquelle pétrole et gaz représentaient encore 60 % de la consommation énergétique française.
L’organisation met en avant la complémentarité des technologies, de la pompe à chaleur au solaire thermique en passant par la biomasse. Elle insiste aussi sur le rôle des 18 500 professionnels qualifiés RGE pour concrétiser les objectifs dans le bâtiment et la mobilité. Entre volontarisme politique et interrogations industrielles, la PPE 3 trace un cap. Reste à transformer l’intention en réalisations tangibles sur le terrain.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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