Coénove défend une montée en puissance des gaz renouvelables dans le mix français à l’horizon 2050. L’organisation appelle à inscrire cet objectif dans la PPE afin de structurer durablement la filière.
Coénove replace les gaz renouvelables au cœur du débat énergétique français. À travers ses travaux et ses prises de parole, l’organisation soutient un scénario capable de couvrir l’ensemble de la consommation nationale de gaz d’ici 2050. Biométhane, pyrogazéification et méthanation constituent les piliers de cette trajectoire. Reste à sécuriser un cadre politique lisible pour accompagner les investissements.

Un potentiel de biométhane estimé à 200 TWh
Lors du 19ᵉ Live Innogaz, organisé pendant la semaine du Salon international de l’agriculture, Jean-Charles Colas-Roy a ouvert la discussion aux côtés de Christian Couturier, directeur de Solagro, et de Frédéric Terrisse, président de la commission gaz renouvelables du SER. Au centre des échanges : la place des gaz verts dans le mix énergétique à l’horizon 2050.
Christian Couturier a détaillé les scénarios prospectifs élaborés par Solagro. Ces travaux croisent agriculture, énergie et matériaux avec une lecture territoriale fine des ressources disponibles. La biomasse apparaît comme un levier déterminant pour réduire l’usage des énergies fossiles. Encore faut-il arbitrer ses usages avec méthode, entre alimentation, fertilité des sols, production de matériaux et énergie.
Le scénario central présenté table sur environ 200 TWh de gaz renouvelables en 2050. À ce niveau, la totalité de la consommation nationale de gaz pourrait être couverte par des sources vertes. Ces volumes dessinent un système énergétique plus équilibré, capable de stocker l’énergie et de s’appuyer sur des ressources locales.
Une filière industrielle déjà structurée
Frédéric Terrisse a rappelé que la dynamique ne relève plus du simple potentiel théorique. Fin 2025, la France compte plus de 2 000 installations valorisant biogaz ou biométhane. Le parc progresse chaque année, porté par plusieurs technologies complémentaires.
La pyrogazéification, avec 49 projets recensés, la gazéification hydrothermale, forte de 24 projets identifiés, ou encore la méthanation participent à cette diversification. À ces solutions s’ajoutent les gaz bas carbone issus du recyclage de déchets variés.
Au-delà de l’énergie produite, les intervenants ont mis en avant un enjeu de souveraineté. Souveraineté énergétique d’abord, avec une cible de 15 à 20 % de la consommation de gaz couverte par des renouvelables dès 2030, puis 100 % en 2050. Souveraineté industrielle ensuite, la filière représente 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 11 000 emplois et 70 % d’équipements fabriqués en France. Souveraineté agricole enfin, grâce au digestat qui limite l’importation d’engrais azotés.
Donner de la visibilité jusqu’en 2050
Pour Coénove, la réussite passera par un cadre stable. L’inscription claire de l’objectif « 100 % gaz renouvelables en 2050 » dans les outils de planification énergétique offrirait une boussole aux investisseurs et aux territoires.
La profession attend notamment la publication des trajectoires post-2028 des Certificats de production de biogaz, essentiels au financement des nouveaux projets. « La question n’est plus de savoir si les gaz renouvelables auront une place dans le mix énergétique de demain, mais comment organiser leur montée en puissance », a résumé Jean-Charles Colas-Roy. Une équation qui engage climat, agriculture et industrie sur plusieurs décennies.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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